JOURNAL DE TRAVAIL (1998-2003)

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« L’art recèle toujours des évocations de la condition mortelle. »  Rothko


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Marc Rothko


Le Journal comme dialogues temporels


La publication des extraits de lettres qui ouvre le JOURNAL DE TRAVAIL est une forme de transition entre le retour à Brecht de février 1998 et le travail sur le national-socialisme qui m’en éloigne.

Les extraits de lettres indiquent la direction de mes nouveaux parcours intellectuels après le retour de Berlin (mars 1998).


Les lettres datées de mai, juin 1998 ont été  adressées à un ami communiste, stalinien convaincu, avec qui, lors des événements de Mai 68, j’avais eu des dissensions politiques qui nous avaient éloignés, malgré l’estime réciproque. Revu par hasard, quelques années plus tard, il fit un mea culpa politique qui provoqua une réaction assez vive de ma part, je ne suis ni juge ni confesseur, de plus  les mea culpa manquent à mes yeux l’essentiel : l’analyse des raisons de l’aveuglement et des responsabilités historiques. Si nos rapports étaient politiquement conflictuels, j’admirais son engagement. Comme une majorité de  militants communistes, il donnait sans compter, ce que j’étais incapable de faire. Il est de fait plus facile de rester à distance  critique quand on ne met pas les mains dans la pâte. Deux histoires différentes. Deux modes d’être au monde différents. Deux histoires familiales différentes, car être élevé par une mère qui travaille dans un usine, une ouvrière donc, et être élevé par des parents paysans  qui ont quitté leurs terres et deviennent assez rapidement de petits artisans indépendants, travaillant dur, mais pour eux-mêmes, façonne des inconscients différenciés, des regards différents sur la vie, des aspirations différentes…

Les lettres qui lui sont adressées à mon retour de Berlin sont une manière de continuer un dialogue devenu moins conflictuel, mais qui rappellent de vieilles discussions.

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Les extraits, datés d’octobre 1998, ont été adressés à Naomi Shepherd-Laish, une amie anglo-israélienne, qui n’a jamais transigé sur l’éthique, qui s’est battu en Israël pour les droits des Palestiniens. Le dialogue a toujours été sororal. De l’ordre des affinités électives.

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Les pages de Journal font partie, comme les Chroniques berlinoises, de MÉMOIRES CROISÉES. Des imbrications. D’où la forme souvent hybride du JOURNAL dit DE TRAVAIL.  Il  m’arrivait d’inclure des notes en échos avec le travail  de mémoire (Algérie) ou de recherche (nazisme). Un souvenir d’enfance, enfoui, prenait sens, une pièce de théâtre qui s’inscrivait dans la problématique du travail en cours, une exposition, un article de journal, un fait divers… Les pages de Journal sont en quelque sorte un commentaire oblique du travail en cours, elles obéissent à la même règle que Mémoires croisées, le privé a toujours des liens avec la grande Histoire-qui-se-trame avec/contre les individus. Des matériaux servant une interrogation qui les déborde.

En 1998, je suis au début du travail sur la nazisme, je ne sais pas encore ce qui m’attend. De plus, la mise en forme de mes souvenirs de la guerre en Algérie, qui est aussi une mise en abyme, étant donné le décalage temporel  entre le vécu (1960-1962) et son écriture (1998), occupe une partie de mon temps.

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Un commentaire »

  1. sensationnel ! Super !

    Commentaire par unnamed — 22 octobre 2014 @ 09:20


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